Rassemblement du 18 juin 2026 organisé par l’intersyndicale SUD – CNT – CGT – FSU du ministère du travail : voir le tract intersyndical de soutien à Pierre et Benoit : https://www.cnt-tas.org/2026/06/18/en-soutien-a-pierre-et-benoit-mobilise-es-le-18-juin-2026/
Notre fédération, avec des membres d’Ardèche, du Gard, du Bas-Rhin, du Rhônes, était présente en soutien. La CNT d’Isère appelait également à venir en soutien et était également présente, merci à eux !
Le texte de l’intervention de soutien de la CNT à Pierre et Benoit
Nous sommes ici évidemment pour apporter notre solidarité à nos camarades Pierre et Benoît.
Nous connaissons tous le contexte immédiat de cette plainte très opportuniste.
Une petite chef zélée qui pratique un harcèlement discriminatoire est dénoncé fin 2024.
La hiérarchie de la DDETS ne réagit pas. En ne réagissant pas, elle la conforte dans ses agissements.
Et elle finit par porter plainte elle-même au pénal pour faire contre-feu et faire diversion.
Au-delà de cette personne pas très intéressante, qu’est-ce que cette affaire dit de l’état de nos services de la situation actuelle dans les services ?
Car finalement qu’est-ce qu’on reproche aux militants et aux syndicalistes ?
C’est toujours la même chose, c’est de faire remonter le réel. Le réel de la dégradation de conditions de travail, de la souffrance au travail qui s’est installée durablement dans les services.
Le réel c’est quoi ? Nous le connaissons tous ici. C’est ce que dit notamment le rapport APTEIS, à la suite de nombreux rapports qui disent tous la même chose :
– une surcharge de travail chronique, structurelle ;
– des vacances de poste permanents. Avec de véritables zones de non-droit, mais celles-là, elles n’intéressent pas les médias ;
– une complexification et une bureaucratisation sans fin du fonctionnement interne des services ;
– des glissements de tâches entre les tous les agents directement au contact du terrain. Le tout pour essayer de faire face, de faire tourner toujours le service, malgré tout, sur fond de pénurie généralisée.
Il faut le dire ici et le redire : sans le zèle quotidien des agents, aujourd’hui plus rien ne fonctionnerait dans les services. Ce zèle des agents, c’est tout simplement pour essayer de sauvegarder le sens de notre travail.
Car au final, c’est bien de la destruction de nos métiers dont il s’agit. Et derrière la destruction de nos métiers, celle d’un service public et d’un service public particulier : un service public au service des travailleurs.
Et il faut aussi ajouter quelque chose sur notre ligne hiérarchique. Il y a quelque chose de pourri aujourd’hui au royaume du ministère du travail.
La bureaucratisation interne de nos services, notamment depuis l’OTE, atteint des niveaux jamais connus.
Aujourd’hui aux différents niveaux hiérarchiques, c’est le règne du reporting, de la politique du chiffre, la course à celui qui sera le plus servile avec le préfet. Cette même ligne hiérarchique qui est censée être le garant de nos missions et de notre indépendance et de nos missions. Dans les faits, la seule préoccupation c’est la valorisation permanente, le déni de la dégradation des conditions de travail et la pression sur les agents directement au contact avec le terrain. Le tout pour pouvoir faire carrière.
Face à ça, ceux qui résistent, on le voit, sont de plus en plus pris pour cible. Il n’y a qu’à voir les questions, cela a été rappelé juste avant, qui ont été posées à nos deux camarades lors de leur audition pénale, c’est édifiant.
Des questions sur leurs prises de positions en faveur de la défense des missions, sur leur façon d’avoir relayé la souffrance des agents. C’est à dire finalement, des reproches liés directement à l’exercice du droit syndical.
Alors face à tout ça, résister au quotidien, depuis des années comme ils le font, continuer à défendre inlassablement des logiques collectives contre des ambitions individuelles des fois ça use, ça épuise, c’est pour cela que ce rassemblement est fondamental, il est très important. C’est aussi pour montrer à nos camarades qu’ils ne sont pas seuls, qu’on est encore là collectivement.
Il faut le réaffirmer, face à tout cela, la solidarité c’est notre seule arme.
Et nous venons rappeler ici qu’un coup contre l’un d’entre nous est un coup contre tous !
Photos du rassemblement à Grenoble
Motion de soutien des agents de Gironde
Nous agent.es de la DDETS de la Gironde réuni.es ce jour exprimons notre pleine et entière solidarité avec nos collègues de la DDETS de l’Isère.
Il est extrêmement préoccupant et inacceptable que des agent.es du ministère du Travail, engagé.es dans l’exercice de leurs missions et ayant alerté sur des dysfonctionnements internes, soient confronté.es à une plainte pénale émanant de leur propre hiérarchie. Il s’agit d’une mesure de représailles aux signalements dénonçant un harcèlement managérial discriminatoire.
Une telle situation ne peut qu’accentuer les inquiétudes légitimes déjà largement exprimées par les agent.es quant à la dégradation des conditions et des relations de travail au sein des services.
Nous exprimons particulièrement notre solidarité avec Pierre et Benoît et au-delà de leur situation, c’est à l’ensemble des agent.es de la DDETS de l’Isère que nous adressons notre soutien.
Les difficultés qu’iels dénoncent font écho à des préoccupations largement partagées dans les services du ministère du Travail.
Les conclusions du rapport APTEIS sur les risques psychosociaux viennent d’ailleurs confirmer ce que nombre d’agent.es constatent depuis plusieurs années : développement de pratiques managériales autoritaires, pilotage excessif par les indicateurs chiffrés, perte progressive d’autonomie professionnelle, affaiblissement des collectifs de travail, surcharge chronique de travail et perte de sens des missions sur fond d’une baisse drastique des effectifs.
Ces situations ne relèvent pas de difficultés individuelles isolées mais de dysfonctionnements organisationnels plus profonds, susceptibles de générer souffrance au travail, conflits internes et dégradation de la santé des agent.es.
Dans ce contexte, nous estimons que les alertes formulées par les agent.es doivent être entendues et traitées avec sérieux. Elles ne sauraient conduire à des mesures de représailles à l’encontre de celles et ceux qui s’expriment sur leurs conditions de travail ou sur l’exercice de leurs missions.
Nous apportons notre soutien à nos collègues de l’Isère et exigeons l’abandon immédiat des poursuites ainsi que la fin de la répression syndicale.
NON à l’État et aux directions autoritaires et répressives et NON à la casse des services publics.
Rassemblement à Strasbourg
Les collègues de Strasbourg qui n’étaient pas allés aux rassemblements de Grenoble et Paris ont tenu à exprimer leur soutien à Pierre et Benoit en se rassemblant devant les locaux de la DDETS.
La pétition de soutien
En Isère comme ailleurs, ça suffit ! Soutien à nos collègues Pierre et Benoît !
